Par le pouvoir du Catch up, je détiens l’actu !

Paradoxe

Nos pratiques d’internautes n’ont jamais été aussi délibérément risquées, en termes de privacy. Pourtant, 63 % des internautes dans le monde se disent préoccupés par l’utilisation de leurs données perso. Selon une autre étude, l’utilisation abusive des données est le premier facteur de méfiance à l’égard du numérique. Côté b2b, 8 personnes sur 10 se disent prêtes à arrêter de faire du business avec une société qui utiliserait abusivement leur data. La confiance dans le digital s’effrite, à tel point que les internautes commencent à prendre les devants pour limiter leur empreinte numérique : désactivation de la géoloc, suppression d’historiques, utilisation d’ad blockers, retour à l’achat physique, limitation des connexions sur smartphone, abandon de certains réseaux sociaux… On me dit dans l’oreillette que Facebook vient d’annoncer un comité indépendant de protection de la vie privé… Alors sauvés ?!

Mission Qualité

Après les incantations sur l’impératif d’une approche data driven au sein des organisations, la question de la qualité des données se pose. A juste titre, car seulement 3% des data seraient de qualité acceptable dans les entreprises (selon une étude Harvard Business Review). Plus qu’une approche technologique, il s’agit d’une problématique métier, qui passe donc forcément par la case Gouvernance. L’EBG y consacre un rapport complet. La mise en place d’un instrument de mesure de la valeur d’une donnée (MDM pour Master Data Management) semble avoir du sens, dans un contexte où aucun modèle prédéfini de gouvernance ne prévaut, et où toutes les directions sont concernées (DSI, CDO, CTO, Comex). Tout le monde (et notamment les directions marketing et business, …) doit donc s’emparer du sujet, et travailler sa culture data. Pas seulement pour ne pas être largué à la machine à café, mais pour avoir des références communes, comprendre les enjeux à son échelle et peser sur des décisions et projets data structurants, à plusieurs (centaines de) milliers d’euros. Certains acteurs du web analytics européens (suivez mon regard) ont déjà pris les devants à travers une série d’initiatives qui garantissent la fiabilité des données : fonctionnalités axées sur le contrôle qualité, pas d’échantillonnage, conformité (RGPD), certifications, indépendance de la mesure (pas de conflit d’intérêt).

Techlash

Le retour de bâton qui frappe les géants de la tech se manifeste quasi-quotidiennement par des scandales à répétition, amendes pour abus de positions dominantes, mouvements citoyens, frondes des états, etc. Malgré ça les courbes de profits culminent. Comme les loyers à SF d’ailleurs. Fini le modèle idyllique de la Silicon Valley qui filait des étoiles dans les yeux il y a peu. Depuis 5 ou 6 ans, le ciel s’est assombri. La gentrification (et les caillassages des bus de Google et Apple) est passée par là. La belle machine a commencé par se gripper de l’intérieur. Les salariés (encore des humains à ce jour) ont commencé par s’opposer aux projets et affaires les plus controversés : moteur de recherche autorisant la censure, drones de défenses, affaires de sexismes ou de discriminations. Côté citoyens, la mobilisation est discrète tant la prise de conscience est longue à émerger. Malgré quelques initiatives ici et là en Europe. Faut dire que les gouvernements n’aident pas trop quand ils laissent les gafa occuper aussi librement l’espace publique. Il n’empêche que la rumeur gronde au loin, pour l’instant. Elle traduit de nouvelles aspirations de justice, d’égalité, de démocratie dans les modes de conception des technos.

Mauvaise influence

Un modèle mathématique démontrerait que la professionnalisation des influenceurs les mènerait droit dans le mur. Les dérives comme la pub déguisée, les produits contrefaits ou les fausses audiences poussent le secteur à réguler, mais cette normalisation a des effets pervers. Le modèle s’appuie sur l’analyse des interactions et décisions des influenceurs, followers et des marketeurs par rapport aux contenus labellisés « sponsorisés », ou non. Une trop grande transparence sur l’origine d’un contenu ferait baisser l’engagement des followers et les revenus des influenceurs. Cette perte financière aurait pour conséquence d’aspirer les influenceurs dans un cercle vicieux, les poussant à produire davantage de contenus sponsorisés pour combler le manque à gagner. Aggravant ainsi la situation et menant le marketing d’influence à sa déroute inéluctable. Cette thèse défend donc une approche centrée sur la non-transparence au profit de l’efficacité. Et soulève quand même des questions éthiques fondamentales. Quand l’intérêt publicitaire passe en priorité, l’internaute est forcément perdant.

Notre Dame de la 3D

Ce qu’il s’est passé lors de l’incendie de la cathédrale : retour détaillé sur le déroulé des événements avec une visualisation interactive 3D, par le NY Times.

3D Notre Dame de Paris fire events

A très vite sur les Internets !

Crédits :

Photo by Bernard Hermant on Unsplash

New York Times

Author

Responsable éditorial. Bernard est en charge de la stratégie de contenus pour AT Internet. Il possède une expérience de 10 ans dans le domaine du Content Marketing. Ses sujets de prédilection : le data marketing, les stratégies d'Inbound, la communication éditoriale web et les digital analytics.

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