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Depuis quelques semaines, la saison régulière de NBA recommence ! (oui le Basket-ball, c’est mon truc !). En me rendant sur le site stats.nba.com, je peux maintenant consulter la vitesse, la distance parcourue, la position de shoot, ou encore l’impact offensif de chaque joueur, et ce, quel que soit le match. Jusque-là, la donnée statistique avait toujours influencé le jeu et la tactique sportive. Mais aujourd’hui, l’association américaine utilise habilement la data pour promouvoir son sport et développer sa stratégie marketing. Comment ? D’abord en exploitant la puissance des technologies analytiques pour recueillir un maximum de données, puis en valorisant la statistique dans sa manière de la présenter visuellement, de la partager avec ses fans et de l’interpréter. Décryptage…

 

Une donnée exhaustive

Ce qui frappe tout d’abord sur ce site entièrement dédié aux statistiques NBA, c’est la quantité d’informations collectées. Plus de 130 métriques sont suivies à la loupe : du secteur de jeu offensif, au scoring en passant par le temps de jeu et la possession de balle. Et ce, quel que soit la saison, l’équipe ou le joueur de son choix. Il est possible également de remonter jusqu’en 1946 pour retrouver les scores de n’importe quel match joué en NBA. Rappelez-vous ce 26 octobre 1984 quand M. Jordan faisait ses débuts avec les Bulls, Chicago avait battu Washington 109-93.

 

Une donnée « sexy »

Le « player tracking », nouveau dispositif vidéo, qui permet d’analyser les séquences de jeu selon différents paramètres (vitesse, distances, passes, conduite de balle, rebonds,…), donne lieu à des stats inédites et des rendus graphiques impressionnants !

Les « shots charts » font aussi leur effet avec des représentations heatmap et overlay plutôt parlantes. Exemple : en un coup d’œil, on constate que Tony Parker, le meneur de jeu des Spurs de San Antonio, est plus en réussite à mi-distance côté droit (en vert) que sous le panier (en rouge).

 

NBA rime avec data : shots charts

Quel internaute lambda aurait pu savoir cela en 3 clics il y a encore quelques temps ?

Une donnée transformée en Insights

Behind the numbers : NBA rime avec dataLa rubrique « Behind the numbers » parle d’elle-même. Là aussi, pour être exploitables, les données brutes doivent se transformer en insights. Bien amenées par un storytelling efficace, les interprétations de spécialistes autour d’une stat, d’un chiffre ou d’un ratio évocateur se révèlent assez pertinentes.

Une donnée retweetée

Autrefois réservées aux staffs des équipes pro pour analyser les différentes phases de jeu, ces data sont maintenant à la disposition des fans, qui se les approprient et les personnalisent. Libre à eux d’interagir sur les réseaux sociaux pour commenter, confronter les chiffres, analyser les performances, ou simplement refaire le match à la manière d’un coach 2.0.

 

Une donnée personnalisée

Tous les ingrédients sont réunis pour que le fan endosse le costume de l’analyste aux commandes d’un dashboard aussi puissant que lisible. Dans ce nouveau modèle de marketing sportif, non seulement l’internaute prend le contrôle de la marque et du produit (via les réseaux sociaux), mais en plus il dispose de données pour forger son jugement et personnaliser son expérience de supporteur.

Bref, tout cela n’est qu’un début, et les propriétaires de franchises NBA projettent d’aller encore plus loin dans l’innovation technologique (biorythmes, monitoring médical des joueurs, etc.). On fait évidemment le rapprochement avec le film « Moneyball » (tiré du livre « Le stratège » de M. Lewis) qui visait à démontrer qu’une bonne utilisation des données statistiques pouvait se substituer à l’engagement de moyens financiers très importants. Si cette approche analytique a pour objectif de limiter les risques tactiques et financiers, ne réduit-elle pas cette incertitude qui fait aussi la beauté et la magie du sport ? Quoi qu’il en soit, avec plus de chiffres à l’appui, échappera-t-on aux réinterprétations subjectives, infondées et partisanes parfois entendues dans les débats d’experts et de commentateurs ? Humm… Il me semble que le sport demeurera le joyeux domaine de la mauvaise foi… Comme le soulignaient par exemple les cahiers du football dans cet excellent tweet :

 

Tweets les cahiers du football

 

Author

Responsable éditorial. Bernard est en charge de la stratégie de contenus pour AT Internet. Il possède une expérience de 10 ans dans le domaine du Content Marketing. Ses sujets de prédilection : le data marketing, les stratégies d'Inbound, la communication éditoriale web et les digital analytics.